Arnaque au faux conseiller bancaire : des banques et des opérateurs condamnés à rembourser

Arnaque au faux conseiller bancaire : des banques et des opérateurs condamnés à rembourser

Les arnaques au faux conseiller bancaire ont explosé ces dernières années en France, laissant les victimes sans recours, avec des pertes non remboursables. Mais les choses changent et la justice commence à condamner les banques et les opérateurs.

Lorsque des cybercriminels vous contactent par mail, par message ou par appel téléphonique, il existe plusieurs astuces pour ne pas tomber dans leur piège. En règle générale, il suffit de regarder l'adresse mail de l'expéditeur ou le numéro de téléphone de l'appelant pour se rendre compte qu'il s'agit d'une arnaque.

Malheureusement, dans le cas du spoofing, la situation est plus délicate. Pour rappel, il s'agit d'une escroquerie qui se caractérise par l'usurpation du numéro de téléphone d'un organisme, d'une entreprise ou d'un proche. Un procédé très répandu qui permet aux escrocs de faire apparaître le numéro de leur choix pour tromper leurs victimes, comme celui de leur banque. Cette arnaque est particulièrement vicieuse, puisque c'est bien un numéro connu et officiel qui s'affiche sur le téléphone.

Bien souvent, les escrocs se font passer pour un conseiller bancaire qui vous informe qu'un problème doit être réglé de toute urgence. L'individu gagne votre confiance en vous donnant des éléments sur votre dossier, puis vous invite à donner des informations personnelles comme des codes secrets, au prétexte de les vérifier. Une fois qu'il a réussi à obtenir ce qu'il voulait, le cybercriminel peut accéder à votre compte bancaire et le vider en quelques secondes.

Arnaques au faux conseiller bancaire : des jugements en faveur des victimes

Pendant longtemps, les victimes de ces arnaques ne pouvaient pas se retourner contre leur banque ou leur opérateur téléphonique, car elles étaient systématiquement considérées comme responsables de négligence grave. Cependant, il semblerait que la situation commence enfin à changer.

Récemment, les tribunaux de Paris et de Pantin ont, dans deux affaires distinctes, demandé aux organismes concernés de rembourser les victimes. Le 26 février 2026, le tribunal de Pantin a en effet condamné AXA Banque à rembourser une femme qui a perdu 2 690 euros en juillet 2023 dans le cadre d'une arnaque au faux conseiller bancaire. La plaignante a en effet obtenu gain de cause en utilisant l'arrêt de la Cour de cassation du 23 octobre 2024, qui confirme qu'une opération par clé numérique ne constitue pas une négligence grave au sens de la loi lorsqu'un tiers a préalablement mis l'utilisateur en confiance.

Un mois plus tôt, le 15 janvier 2026, le tribunal judiciaire de Paris a condamné BNP Paribas à rembourser une femme victime de spoofing qui a perdu 8 861 euros en novembre 2023. Mais la justice a également condamné l'opérateur téléphonique, Bouygues Telecom, en rappelant qu'en vertu de la loi Naegelen du 24 juillet 2020, il aurait dû détecter l'usurpation du numéro et interrompre la communication entre l'escroc et son abonnée. Attention cependant, la décision du tribunal judiciaire de Paris n'est pas encore définitive, car Bouygues Telecom a fait appel. Malgré tout, ces jugements inédits pourraient ouvrir une porte de secours aux victimes d'arnaque au faux conseiller bancaire.