Bouygues augmente encore le prix de ses forfaits avec un prétendu avantage

Bouygues augmente encore le prix de ses forfaits avec un prétendu avantage

Un mail discret, un premier mois offert, et hop : votre forfait coûte deux à trois euros de plus chaque mois. Bouygues Telecom a de nouveau recours à une méthode bien rodée pour faire grimper la facture de ses abonnés.

En attendant de voir comment va se conclure la proposition de rachat de SFGR (voir notre article), Bouygues continue ses affaires, en faisant évoluer ses formules et ses tarifs avec sa méthode habituelle. Depuis quelques jours, certains abonnés sont ainsi informés que leur forfait allait basculer automatiquement vers une nouvelle formule baptisée B&You Max, avec deux euros supplémentaires par mois à la clé. Pas de coup de téléphone, pas de négociation : juste un mail, avec quelques lignes sur un prétendu enrichissement du contrat, et l'affaire est réglée. Pour un forfait à moins de 10 euros, cette hausse représente une augmentation proportionnelle de 20 à 25 %.

Ce n'est pas tout. Une autre vague touche cette fois des abonnés à qui l'opérateur propose d'intégrer automatiquement l'antivirus Norton 360 à leur forfait, pour 3 euros de plus par mois après un premier mois offert. Le mail en question atterrit parfois directement dans les spams, ce qui rend la manœuvre d'autant plus difficile à repérer. Les abonnés concernés ont jusqu'au 27 juin 2026 pour refuser, une date susceptible de varier selon la date de souscription.

© Bouygues Telecom

Hausse de prix Bouygues : une mécanique bien rodée

Pour justifier les hausses liées au passage en B&You Max, l'opérateur met en avant deux arguments. Le premier : 20 Go de données mobiles supplémentaires utilisables en Europe et dans les DOM. Le second est plus surprenant. Bouygues présente comme un avantage additionnel " la vitesse de la 5G ", alors que les anciens forfaits incluaient déjà l'accès à ce réseau. Ces ajouts ne sont pas forcément utiles à tout le monde, surtout pour les abonnés qui voyagent peu et n'ont aucun problème sur leur ligne. Quant à Norton 360, un abonné qui n'a ni demandé ni besoin d'un antivirus supplémentaire se retrouve à payer pour un service qu'il n'utilisera probablement pas.

La mécanique, elle, est identique dans les deux cas. L'évolution est automatique, sans démarche de la part de l'abonné ni réengagement, et le premier mois est offert – ce qui garantit que la facture suivante sera identique à la précédente, réduisant les chances que quiconque y prête attention. Le lien pour refuser est discret et n'est accessible que pendant un délai limité depuis l'espace client. Ces hausses automatiques sont devenues courantes sur les forfaits B&You depuis 2021.

Est-ce légal ? Oui, à la lettre. Tant qu'un opérateur prévient ses clients un mois à l'avance, il respecte la loi – et le client dispose de quatre mois après l'entrée en vigueur du changement pour résilier sans frais. Mais se prémunir contre ces hausses en résiliant est désormais plus coûteux qu'avant : à compter du 27 juillet 2026, Bouygues Telecom facturera 5 euros à tout abonné souhaitant quitter son forfait sans engagement, abonnés actuels compris.

La stratégie ne s'arrête pas aux forfaits mobiles. Bouygues Telecom a officialisé un mécanisme d'indexation annuelle automatique des prix de ses offres Bbox à partir de 2027, calé sur l'indice ICHTrev-TS de l'INSEE qui mesure l'évolution du coût du travail dans les télécoms. Chaque année, si cet indice progresse, la facture suivra dans les mêmes proportions – sans que l'abonné puisse s'y opposer autrement qu'en partant. Chez Free, Orange et SFR, aucun mécanisme comparable n'est en place à ce jour.

Ces pratiques ont un nom dans le jargon du numérique : les dark patterns, ces méthodes conçues pour orienter l'utilisateur vers une action qu'il n'aurait pas choisie spontanément. Bouygues n'est pas le seul opérateur à y recourir – la guerre des prix à la souscription pousse l'ensemble du secteur à récupérer ses marges par d'autres voies. Mais l'accumulation – hausses déguisées en cadeaux, antivirus non sollicités, frais de résiliation étendus, indexation annuelle programmée – finit par dresser un tableau assez éloquent des pratiques des opérateurs. Il serait temps que le législateur de s'en empare.