Le très controversé collier IA Friend est finalement interdit en France

Le très controversé collier IA Friend est finalement interdit en France

Malgré l'impressionnante campagne publicitaire dans le métro parisien, Friend.com, le collier IA qui écoute tout ce que l'on dit, ne sera pas commercialisé en France et en Europe pour le moment à cause d'un problème de confidentialité...

"Je ne laisserai jamais de vaisselle dans l'évier", "J'ai pensé à toi", "Ça te dit de se balader le long de la Seine ce soir ?", "Je regarderai tous les épisodes avec toi"... S'il vous arrive de vous promener sur Paris, vous n'avez pas pu passer à côté de ces étranges publicités placardées un peu partout dans le métro.

Et contrairement à ce qu'elles laissent penser, il ne s'agit nullement de réclames pour un site de rencontres, mais pour un collier dopé à l'IA baptisé Friend.com qui écoute absolument tout ce qui se dit, que ce soit vous ou votre environnement, et tout le temps, afin de devenir le "meilleur" des amis. Un concept digne de Black Mirror qui a évidemment suscité son lot de polémiques au moment de son annonce (voir notre article).

Heureusement, malgré une campagne publicitaire d'ampleur, ce petit gadget IA ne devrait pas arriver dans nos contrées tout de suite, puisqu'il vient tout simplement d'être interdit en France et dans toute l'Europe.

Friend.com : un collier IA qui ne s'est pas fait que des amis

Pour rappel, Friend.com est censé agir comme une sorte de "compagnon numérique". Grâce à son micro et une fois connecté à un smartphone via Bluetooth, il écoute en permanence les sons environnants et les conversations de son porteur. L'intelligence artificielle qui l'anime est alors censée analyser ce qu'elle entend et envoyer des messages textuels personnalisés sur le téléphone de l'utilisateur, par exemple pour engager une conversation, réagir à une situation vécue ou commenter un moment du quotidien. Une façon de lutter contre la solitude et l'isolement social ressentis par beaucoup de personnes à l'ère numérique.

Sans surprise, lors de son arrivée dans le métro parisien, la campagne publicitaire a rencontré une forte opposition. Tags, affiches déchirées, messages dénonçant la surveillance constante et de masse... Les panneaux de réclame pour Friend.com n'ont pas duré longtemps par rapport aux autres publicités habituelles et, plus de deux mois après son lancement, le mouvement de protestation ne faiblit pas.

Or, il se trouve que cette petite campagne a attiré l'attention des autorités françaises, poussant la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) à s'emparer du dossier en février dernier. Et sa réponse a été négative. Aussi, Avi Schiffmann, le jeune développeur derrière la commercialisation de cet objet, a annoncé que celui-ci ne serait pas commercialisé sur le Vieux Continent pour le moment.

Friend.com : un pendentif trop curieux pour le RGPD

En effet, comme nous le rapportent Les Échos, l'accessoire s'est heurté au RGPD, la réglementation européenne qui encadre le traitement des données personnelles. Celui-ci interdit notamment d'enregistrer les conversations d'un individu sans le prévenir. Or, c'est exactement ce que fait Friend.com, puisqu'il écoute tous les sons autour de son porteur de façon continue. Sans compter que, de cette manière, il peut tout à fait capter par inadvertance des informations sensibles, comme des données médicales, ce qui là encore pose problème vis-à-vis du RGPD

© Friend.com

Mais Avi Schiffmann ne baisse pas les bras pour autant. Il indique vouloir s'assurer "que nous sommes entièrement conformes au RGPD avant d'expédier le pendentif à l'UE, ce sur quoi nous travaillons actuellement avec notre équipe juridique européenne". Reste que le succès ne semble pour l'instant pas au rendez-vous, malgré une commercialisation aux États-Unis et au Canada l'année dernière. D'après le magazine Fortune, à peine 3 000 exemplaires auraient été vendus dans le pays de l'oncle Sam. L'entrepreneur préfère toutefois mettre en avant le chiffre de 200 000 utilisateurs, en comptabilisant aussi ceux qui se sont inscrits gratuitement sur le site Web.