Un secret des Égyptiens enfin dévoilé : on sait maintenant pourquoi les pyramides sont alignées

Un secret des Égyptiens enfin dévoilé : on sait maintenant pourquoi les pyramides sont alignées

Depuis des siècles, une question taraude les archéologues : pourquoi les 31 pyramides d'Égypte sont-elles parfaitement alignées ? Des scientifiques ont récemment fait une découverte qui explique cette mystérieuse implantation.

Les pyramides d'Égypte fascinent depuis longtemps tant les archéologue que le public. Et pour cause : ces édifices bâtis il y a plus de 4 000 ans, entre -2 700 et -2 200 avant JC, recèlent encore de nombreux secrets concernant aussi bien leur construction que leur signification, interrogeant les scientifiques et alimentant parfois des théories un peu folles. C'est notamment le cas pour leur mystértieux alignement géographique.

Vues du ciel, les pyramides dessinent en effet une ligne quasi parfaite, du Nord au Sud, de Gizeh à Licht. Trente et une pyramides, alignées en parallèle du Nil, mais situées dans une zone désertique, à plusieurs kilomètres du fleuve. Durant des siècles, cette configuration a semblé inexplicable. Pourquoi bâtir des monuments colossaux en plein désert, loin de toute voie navigable permettant de transporter des matériaux de construction ? La réponse vient peut-être de s'imposer.

Grâce à l'imagerie satellitaire, des chercheurs ont identifié les traces d'un ancien chenal qui se serait étendu juste au pied des pyramides – confirmées par la présence de sédiments fluviatiles le long de cet alignement. Cet ancien bras du Nil a été baptisé Ahramat, mot arabe signifiant " pyramides ". Cette découverte, publiée dans la revue scientifique Communications Earth and Environment, bouscule notre compréhension du chantier le plus ambitieux de l'Antiquité.

© Cjsierrah - Adobe Stock

La présence de ce bras du Nil expliquerait l'alignement des pyramides : les Égyptiens auraient profité de ce chenal pour acheminer les matériaux de construction. Les scientifiques observent d'ailleurs que les rampes des différents monuments se terminent précisément là où le bras du fleuve s'écoulait il y a plusieurs millénaires. Des rampes qui reliaient les pyramides à des temples faisant office de ports. Un système logistique d'une cohérence remarquable.

Long de 64 kilomètres, ce bras du Nil qui coulait il y a plus de 4 000 ans a été depuis englouti par le désert, recouvert de sable et de terres agricoles. Un épisode de sécheresse intense aurait provoqué son ensablement progressif, laissant les pyramides isolées dans ce qui allait devenir le Sahara, au milieu de rien, sans raison apparente.  

Mais l'alignement des pyramides cache une autre énigme, distincte et tout aussi vertigineuse : leur orientation quasi parfaite selon les quatre points cardinaux. La Grande Pyramide de Gizeh – 138 mètres de hauteur – est alignée avec une précision supérieure à quatre minutes d'arc, soit un quinzième de degré. Et les trois plus grandes pyramides présentent toutes le même type d'erreur : une légère déviation dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.

Comment des bâtisseurs du IIIe millénaire avant notre ère ont-ils pu atteindre une telle rigueur, sans GPS ni instruments modernes ? L'ingénieur et archéologue Glen Dash a mené l'enquête. Sa théorie repose sur une technique appelée Indian circle method : les constructeurs auraient utilisé une tige de bois – un gnomon – pour suivre l'ombre du soleil durant toute une journée lors de l'équinoxe d'automne, traçant ainsi des lignes orientées Est-Ouest avec une grande précision.

Glen Dash a lui-même réalisé l'expérience le 22 septembre 2016, lors de l'équinoxe d'automne. La marge d'erreur obtenue coïncide parfaitement avec la légère déviation constatée sur les trois pyramides de référence. Pour trouver la date de l'équinoxe, les Égyptiens auraient simplement compté 91 jours après le solstice d'été, premier jour de leur calendrier.

Aucun document d'ingénierie ou d'architecture de l'époque n'a été retrouvé pour confirmer la technique utilisée. Les Égyptiens nous ont laissé très peu d'indices directs. Ce qui rend ces découvertes d'autant plus fascinantes : derrière les pyramides se cache non pas un miracle, mais une intelligence pratique, adaptée aux ressources de son temps – un fleuve, une tige de bois, et l'ombre du soleil.