Darkiworld devient Hydracker et passe aux torrents pour remplacer YggTorrent

Darkiworld devient Hydracker et passe aux torrents pour remplacer YggTorrent

La célèbre plateforme pirate Darkiworld change de nom pour devenir Hydracker. Surtout, elle révise son orientation en proposant désormais des torrents et des services premium payants afin de combler le vide laissé par YggTorrent.

On savait que le monde des affaires était impitoyable. Mais c'est aussi le cas de l'univers du piratage. Et plus exactement, dans le domaine des "contenus piratés et partagés", ces sites où l'on peut récupérer "gratuitement" des copies illégales de films, de séries, de musiques, de logiciels, de jeux, de livres, de magazines et d'autres fichiers numériques.

Et pendant que la justice fait bloquer des plateformes de streaming et de téléchargement sous la pression des ayants droit (voir notre article), notamment dans le domaine du sport avec l'intensification de la lutte contre l'IPTV pirate (voir notre article), une bataille se joue dans l'ombre entre des sites "obscurs" pour récupérer les utilisateurs de ces services illégaux qui se retrouvent privés de leurs sources d'approvisionnement favorites. Et pour profiter du business apparemment très juteux que ces pratiques engendrent.

Darkiworld-Hydracker : un changement profond de vocation

Ainsi, depuis quelques jours, le célèbre site Darkiworld a littéralement changé de dimension et de vocation avec l'ambition manifeste de devenir la nouvelle référence française de la "fourniture de contenus piratés" et de prendre ainsi la place vacante laissée par YggTorrent, qui a brutalement fermé à la mi-mars, dans des circonstances particulièrement rocambolesques (voir notre article). Pour rappel, YggTorrent était depuis des années la plateforme française incontournable pour récupérer des liens de torrents permettant de télécharger toutes sortes de contenus. Sa disparition brutale a laissé ses nombreux adeptes orphelins, créant un vide qui ne demandait qu'à être comblé.

Et contre toute attente, ce n'est pas un autre "tracker de torrents" qui a pris le relais mais Darkiworld (voir notre article), un site à l'histoire longue et mouvementée qui avait déjà pris la relève du fameux Tirexo en adoptant successivement de multiples noms (PapaFlix, Palixi puis Darkino), en changeant très régulièrement d'adresse. Spécialisé à l'origine dans le téléchargement direct (voir notre article sur cette technique), Darkino devenu Darkiworld avait aussi changé plusieurs fois de formule et d'interface en s'ouvrant récemment au streaming

Mais cette fois, ses créateurs-administrateurs ont décidé d'aller beaucoup plus loin. Non seulement le site a changé de nom pour devenir Hydracker mais en plus, il propose désormais des torrents pour remplacer YggTorrent, ainsi que des NZB, pour télécharger des fichiers à partir de newsgroups – une technique très ancienne, mais qui semble encore échapper aux radars. Ce n'est pas tout ! Il propose aussi son propre navigateur Web, Hydra Browser, qui promet une navigation anonyme et sécurisée avec un DNS chiffré, une intégration au réseau Tor et la lecture "native" de torrents en streaming, sans application externe ! Le tout en continuant à "offrir" un très large catalogue de contenus, avec routes les nouveautés récentes.

Ce changement s'accompagne d'une refonte de l'interface qui met désormais en avant les torrents mais aussi d'autres évolutions qui ne manqueront pas d'étonner les fidèles. C'est le cas des abonnements payants donnant accès à divers privilèges par rapport aux comptes gratuits, auxquels s'ajoutent désormais des cartes cadeau Netflix ! DarkiWorld-Hydracker prend ainsi clairement une dimension commerciale qui va à l'encontre des pratiques originelles des sites pirates qui prônaient un "partage" gratuit et libre en s'érigeant en contre-pouvoir de l'industrie culturelle et audiovisuelle. .

Cette évolution est d'autant plus étonnante que Hydracker ne s'appuie pas sur une structure classique officielle : même si elle propose différents moyens de paiement, notamment par carte bancaire ou cryptomonnaie, elle n'offre aucune garantie de "service" ; son interface instable, qui change régulièrement, laisse à désirer avec son mélange d'anglais et de français et ses menus confus ; et ses pannes fréquentes mécontentent prodigieusement les habitués qui s'épanchent sur les forums, en particulier les abonnés qui se plaignent de payer pour une plateforme instable et peu disponible. 

Impossible de savoir à ce jour comment Hydracker évoluera – car la plateforme évoluera encore à en croire le rythme effréné des modifications récentes. Mais une chose est sûre : entre la guerre des autorités et les luttes intestines, le petit monde des sites pirates n'a pas fini de bouger et de se réinventer en s'adaptant aux blocages et en proposant de nouveaux "services".