Comment Shein, Temu et AliExpress contournent la taxe sur les petits colis

Comment Shein, Temu et AliExpress contournent la taxe sur les petits colis

Depuis le 1er mars 2026, une taxe sur les petits colis est appliquée en France. Mais ce système semble inefficace, car les géants chinois de la distribution comme Shein, Temu ou encore AliExpress ont déjà réussi à le contourner.

Pendant de nombreuses années, les Français ont régulièrement commandé des articles sur les plateformes chinoises comme Shein, Temu ou AliExpress. Et pour cause, ces sites proposent des vêtements, des petits appareils électroniques, des accessoires et des gadgets à bas coût, qui peuvent être livrés gratuitement, sans frais de port. Un système qui reposait principalement sur le fait que les marchandises d'une valeur inférieure à 150 euros étaient exemptées de contrôle de frais de douane.

Pour lutter contre ces plateformes chinoises, qui font de l'ombre aux commerces et aux distributeurs français, une taxe a été instaurée. Depuis le 1er mars 2026, tous les petits colis provenant de pays hors de l'Union européenne sont soumis à des frais. Il s'agit d'une amende forfaitaire de 2 euros, qui est appliquée sur chacun des articles – à moins de 150 euros – d'un colis. En d'autres termes, un panier de cinq petits produits entraîne désormais… 10 euros de taxes.

Taxe sur les petits colis : les géants chinois ont déjà la parade

Malheureusement, il semblerait que les géants chinois de la distribution ont trouvé une faille dans le système mis en place par le gouvernement français. En effet, pour que la taxe douanière s'applique, il faut que le colis arrive directement sur le sol national. Pour éviter les frais, Shein, Temu ou encore AliExpress ont pris une décision drastique : les avions cargos remplis de colis atterrissent désormais dans des pays voisins, comme les Pays-Bas ou la Belgique.

Dès lors que les paquets ont atterri sur le sol européen, ils profitent du principe de libre circulation des biens. Ils peuvent ainsi être acheminés en France via des camions et ce, sans être soumis à la taxe sur les petits colis. La situation aurait d'ailleurs pu être anticipée puisque le phénomène a déjà été observé en Italie, qui a instauré une mesure similaire en début d'année.

Dans les colonnes du Télégramme, le groupe Aéroports de Paris a d'ailleurs révélé que près de 50 vols hebdomadaires ont déserté les pistes de Roissy-Charles de Gaulle. Une tendance qui pèse malheureusement sur l'emploi local. En effet, des licenciements ont déjà eu lieu dans les zones de fret parisiennes et le petit aéroport de Vatry, dans la Marne, est désormais menacé par une fermeture.

De son côté, le gouvernement reste optimiste, car la taxe sur les petits colis doit être harmonisée dans l'Union européenne à partir du 1er juillet prochain. Pour rappel, cette dernière prévoit de taxer les paquets qui arrivent sur le sol européen à hauteur de trois euros. Une nouvelle mesure qui ne semble pas effrayer les distributeurs chinois qui ont encore tout prévu. C'est notamment le cas de Shein, qui a récemment ouvert un entrepôt de 740 000 m² en Pologne. Cet espace, qui sera alimenté par des bateaux en provenance de la Chine, permettra ensuite de redistribuer toutes les marchandises dans l'Union européenne et ce, en réduisant l'exposition à la taxe sur les petits colis.