Meta est toujours hors des clous en Europe avec son abonnement payant
Ça chauffe pour Meta ! Un nouveau rapport épingle encore une fois l'entrepris américaine, qui ne respecte toujours pas le droit européen avec son abonnement payant permettant d'éviter le pistage publicitaire. Pas vraiment une surprise…
Une fois n'est pas coutume, Meta vient encore de se faire taper sur les doigts ! Afin de se mettre en conformité avec la législation européenne, l'entreprise propose aux utilisateurs depuis 2023 une formule payante pour s'affranchir de la publicité et de la collecte de données (voir notre article). Ils peuvent choisir de débourser 9,99 €/mois pour ne pas être "traqués" sur la version Web des réseaux sociaux de l'entreprise, ou 12,99 €/mois sur les applications mobiles Android et iOS. Cet abonnement unique lie les comptes Facebook, Instagram ou tout autre identifiant inscrit dans l'espace "Comptes" de Meta.
Autant dire qu'à ce prix-là, la majorité des utilisateurs doit sans doute préférer rester sur la version gratuite de ces plateformes… Meta a beau avoir revu son processus de consentement, l'entreprise est toujours en dehors des clous. Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) vient en effet de publier un nouveau rapport qui épingle les méthodes de Mark Zuckerberg.
Abonnement payant de Meta : quand l'entreprise essaie de noyer le poisson
La bataille autour de l'abonnement payant de Meta ne date pas d'hier. L'UFC-Que Choisir et d'autres associations avaient déjà porté plainte auprès de la CNIL à ce sujet, et la Commission européenne elle-même avait jugé la solution illégale en 2024 et sommé l'entreprise de Mark Zuckerberg de se mettre en conformité avec le RGPD. Meta avait alors revu son système, mais cela n'a visiblement pas suffi. Dans son rapport, la BEUC estime que les modifications apportées restent marginales et que les principales pratiques problématiques identifiées dans les versions précédentes persistent.
La demande des autorités européennes est pourtant simple : mettre en place une option simple permettant de choisir de payer un abonnement ou d'utiliser Facebook et Instagram sans suivi. Mais, à la place, Meta enterre l'option permettant de se passer des publicités personnalisées sous une deuxième fenêtre pop-up remplie "d'un langage peu clair et non neutre". L'entreprise est accusée d'avoir recours à des "techniques comportementales et des conceptions d'interface trompeuses" afin d'inciter les utilisateurs à céder leurs données personnelles. Le terme de "dark pattern" n'est pas utilisé, mais c'est tout comme.
Un fonctionnement vivement critiqué par l'UFC-Que Choisir, étant donné qu'il "ne permet toujours pas aux consommateurs de donner un consentement libre, spécifique, éclairé et univoque aux publicités personnalisées, ce qui demeure particulièrement préoccupant au regard de l'ampleur de la collecte de données opérée par Meta."
Pire encore, l'association juge que "l'entreprise semble avant tout multiplier les manœuvres destinées à brouiller les pistes auprès des régulateurs et à retarder l'aboutissement des enquêtes." C'est pourquoi elle invite la Commission européenne à imposer des amendes régulières à Meta jusqu'à la mise en conformité de son service, les CNIL européennes à dénoncer régulièrement ses manquements, et les autorités de régulation (dont la DGCCR) à mettre la pression sur l'entreprise.
